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BURNING BLUE / Generative Stories

Burning Blue, Generative Stories, vidéo, 1 min 37, 2026
L'Appartement, Plateforme, Paris, 2026

Generative Stories

Calcul astronomique en temps réél à partir de données astrophysiques officielles (NASA, ESA/Gaia, SIMBAD), JavaScript, TypeScript sur page web, installation sur télévision, 2026.

« Je suis aux deux côtés de la Terre.

Comme si j’étais à deux endroits à la fois. Deux endroits en moi-même, sur Terre et dans l’Univers. Deux boussoles activées au même moment, tout le temps.

Davantage qu’une question de culture, de langue ou de racines liées à un territoire, mon cœur est simplement « aussi là-bas ».

Au-delà de la poésie que l’ubiquité inspire, elle est, pour celles et ceux qui la vivent, une véritable réalité métaphysique. »

Vidya-Kélie, artiste transmédia franco-mauricienne, s’intéresse à une expérience intime, celle de se sentir liée à deux endroits différents de la Terre, parfois comme si une même présence pouvait être située en deux lieux à la fois.

Nous nous orientons pourtant toujours depuis quelque part. Notre cerveau construit des représentations de l’espace à partir de notre position, de nos déplacements, de nos perceptions et de nos souvenirs. Des réseaux neuronaux participent ainsi à la représentation des lieux et des directions. La science parle de cartes cognitives, d’orientation spatiale, de cellules de lieu ou de cellules de direction. Mais que devient cette carte lorsque nos repères sont multiples ?

Peut-on être situé à Paris et, simultanément, se sentir orienté vers une autre partie du monde ? Existe-t-il une seule boussole lorsque plusieurs lieux constituent notre histoire ?

À la Renaissance, l’astrologie et l’astronomie ne sont pas encore nettement séparées. En France, Catherine de Médicis s’entoure d’astrologues et mobilise ces savoirs dans son rapport au pouvoir. Les configurations célestes deviennent alors des éléments à observer et à interpréter pour tenter de comprendre le présent et d’anticiper l’avenir.

De l’autre côté de la Terre, à Maurice, le ciel est aussi une histoire d’orientation.

L’île, située au milieu de l’océan Indien, était probablement connue de navigateurs arabes dès le Moyen Âge. Elle apparaît sur des cartes autour de 1500 sous le nom de Dina Arobi, avant d’être visitée par les Portugais au début du XVIe siècle. En 1502, le planisphère de Cantino la fait déjà apparaître parmi les îles de l’océan Indien.

Mais comment retrouver une île au milieu de l’océan lorsque l’on ne dispose ni de GPS, ni de cartes précises, ni même d’un moyen fiable de mesurer sa longitude ? Dans cette interprétation du projet BURNING BLUE, les signes que produit l’œuvre sont liés aux étoiles zénithales des deux origines de l’artiste. Les croix roses représentent les étoiles visibles à l’œil nu qui se déplacent très rapidement. En prenant le fond diffus cosmologique comme référentiel, nous nous déplaçons à environ 600 kilomètres par seconde, soit plus de 2 millions de kilomètres par heure, générant de nouvelles configurations stellaires toutes les 3 à 15 minutes.

Cette manière de transformer les observations du ciel en signes et en figures traverse l’histoire de l’art : des surfaces composées de dessins où des points permettent de représenter des ordres du monde. La constellation n’est alors plus seulement une figure héritée ou un repère fixe. Elle devient une forme qui se génère à une vitesse vertigineuse.

Cartes rebattues, nouveaux signes, nouvelles interprétations s’inventent comme un nouveau lexique, où chaque composition d’étoiles devient un code unique, correspondant à une position particulière dans l’espace et dans le temps.